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En avant pour les Trente Glorieuses !

Prise le 7 octobre 1948, rue d’Orléans à Nantes, cette photo montre mon père Paul Cochard, 26 ans, et ma mère Madeleine, 22 ans, marchant dans le centre ville, en pleine reconstruction après les bombardements de la guerre. Ils sont soucieux, Paul est volontaire, déterminé, Madeleine semble absorbée, pensive. Ils vont se marier l’an prochain, Paul s’installera comme chirurgien-dentiste, ils vont construire une famille. Ils sont habillés en bourgeois, la tenue de Madeleine est plus modeste. La serviette de Paul, bien remplie, (il l’appelait sa « vache ») illustre son statut de futur chef de famille. Cette photo a la valeur d’un instantané, elle tranche avec les poses et les sourires de circonstance des photos de mariage et autres événements familiaux.

Zélie jolie

Zélie Bouffard, née et morte à Saint-Mard (Charente Maritime) 1855-1908. C’est la grand-mère maternelle de ma grand-mère maternelle. Cette photo est la plus ancienne de ma collection, elle a été prise vers 1880. La pose, l’âge, le sourire à peine esquissé font penser à la Joconde. Son père, son mari, la moitié de leurs ascendants mâles s’appellent Simon Bouffard, ils sont agriculteurs dans ce petit coin du Pays d’Aunis, près de Surgères.

Le naufrage du Meknès

Le 24 juillet 1940 le paquebot Meknès, réquisitionné par l’armée française, quitte Southampton pour rejoindre Toulon. A son bord, 1 282 marins dont 1 179 militaires démobilisés souhaitant rentrer en France après l’armistice du 22 juin. Dans la nuit il est torpillé dans la Manche par des vedettes allemandes et coule en huit minutes. On comptera 420 victimes. Parmi les rescapés, André Ranchère, enseigne de vaisseau, frère de ma grand-mère maternelle. André effectuera sa carrière dans la marine marchande, en tant que capitaine au long cours.

René et les saucisses

René Levron, mon grand-père maternel, n’a que 16 ans au début de la guerre. Il est incorporé à Nantes le 17 avril 1917 comme canonnier de 2ème classe. Le 27 avril, il passe au 1er groupe d’aérostation, 54ème compagnie, où il exerce en tant que mécanicien de treuil de ballon captif. Il sera nommé caporal, puis sergent et aura droit à la carte du combattant.

Le groupe d’aérostation utilise des ballons d’observation, gonflés à l’hydrogène, retenus par un câble et généralement stationnés à 1 500 mètres. Les aérostiers, reliés au sol par téléphone, guident les tirs d’artillerie. La France construit 1 700 ballons d’observation, dénommés « saucisses », de 700 m3 et plus. Ils constituent des cibles pour l’artillerie et surtout les avions. Les aérostiers disposent d’un parachute.

René évoquait rarement cette période de sa vie. Il indiquait toutefois avoir bien arrosé l’armistice du 11 novembre 1918, au point d’être tombé dans un canal. Ayant vu deux ponts, il n’avait pas choisi le bon.

Eugène et la Grande Guerre

2,8 millions de blessés en France pendant la guerre de 1914-1918

Mon grand-père paternel Eugène Cochard, né en 1886, a effectué son service militaire au 65ème régiment d’infanterie, basé à Nantes, entre le 9 octobre 1907 et le 26 septembre 1909. Il a été nommé caporal de 26 septembre 1908.

Eugène est rappelé au 65ème R.I. le 3 août 1914 au début de la Grande Guerre. Le 65ème RI, principalement composé de Bretons et de Vendéens, quitte Nantes le 5 août sous les acclamations. Il participe à la bataille des Ardennes, à la bataille des Front!ères, à la bataille de la Marne puis à la bataille de l’Aisne du 13 au 28 septembre 1914, dernière bataille avant la guerre de tranchées.

Eugène est blessé au talon par un éclat d’obus le 17 septembre. Il est évacué du front, à Neufchatel en Bray. Il sera ensuite démobilisé. Sur la photo, prise à l’hôpital de Neufchatel, il est assis sur le lit au milieu du personnel et de ses compagnons.

Le lancement du Normandie

Le 5 mai 1935, le Normandie, alors le plus grand paquebot du monde, quitte le port de Saint Nazaire, où il a été construit, pour une campagne d’essais. Il atteint la vitesse de 32 noeuds. Il sera le seul ipaquebot français à remporter le Ruban Bleu pour la traversée de l’Atlantique. Symbole de la France des années 1930, il aura une courte carrière et sera détruit par un incendie dans le port de New York le 9 février 1942. Madeleine Levron, ma mère, âgée de 8 ans, est ici représentée avec son cousin André Ranchère.