Ma grand-mère Mathilde évoquait souvent ses souvenirs de jeunesse et la vie de son père Félix entouré de ses quatre soeurs Lucie, Anne, Mathilde et Anastasie. Ce dernier prénom me paraissait bizarre. J’en ai découvert la raison en lisant les mémoires de Paul Groleau, le frère de ma grand-mère. Paul explique que sa grand-mère avait recommandé à son mari de déclarer leur fille à la mairie avec le prénom « Madeleine ».

» Les Groleau habitaient route de Clisson, au-delà des ponts, et la route était longue pour arriver à la mairie de Nantes. Mon grand-père dut rencontrer quelques amis en cours de route, et quand il arriva à la mairie, devant l’officier d’état-civil qui lui demanda: et cette petite fille, quelle sera son prénom ? mon grand-père ne sut quoi répondre. Eh bien, dit l’officier d’état-civil, aujourd’hui 14 avril , c’est le nom d’une sainte. Appelez votre fille Anastasie. Il en fut ainsi fait. Et toute sa vie ma chère marraine s’appela Tasie. On disait « Tante Tasie ». Après tout, ce prénom-là en valait bien un autre. »
En complétant mon arbre généalogique, je me suis aperçu qu’Anastasie Groleau n’était pas née un 14 avril, mais le 19 juillet 1852. Or, aucune des six saintes chrétiennes dénommées Anastasie n’est célébrée le 19 juillet… Ainsi le mystère de Tante Tasie reste entier.