Tous les ans, vers Noël, nous recevions du Maroc une boîte de confiserie. Cette délicate attention était due à Mathilde, surnommée Zézette, la soeur de mon père, établie à Casablanca avec son premier mari, Jean de Casteras, et leurs trois enfants, puis avec le second, Alexis Faure. Le plus souvent, le colis avait été éventré à la douane et des gâteaux avaient disparu. Les cornes de gazelle avaient notre préférence, elles étaient fraîches et tendres, avec un bon goût d’amande, rien à voir avec les biscuits desséchés et insipides que j’ai connus par la suite au Quartier Latin. Des madeleines de Proust en somme, l’exotisme en plus.
