La Savoyarde arrive à Paris

En 1895 mon grand-père Eugène Cochard, écolier de 9 ans, habite rue Letort près de la Porte de Clignancourt, où sa mère, Victorine, tient une loge de concierge. Le 16 octobre, le quartier de Montmartre connaît une grande agitation, c’est ce jour-là en effet qu’un convoi de 28 chevaux hisse sur le pavé glissant la plus grosse cloche non statique du monde. La Savoyarde pèse plus de 28 tonnes, elle a été fondue près d’Annecy, transportée par le train, avant de prendre place dans le campanile du Sacré-Coeur, dont la construction se termine. Eugène a évoqué cet épisode dans ses mémoires, rédigées soixante ans après :

« Le lendemain, des musiciens ambulants chantaient un hymne composé à la gloire de la Savoyarde, dont les vers de mirliton se pimentaient de la gouaillerie coutumière du peuple de Paris. Une strophe de ce chef d’oeuvre chante encore dans ma mémoire: Regarde-là passer la belle Savoyarde, comme elle a l’air altier, comme elle a l’air gaillarde. Tous les badauds en choeur disent sur leur passage: mince qu’il aura d’l’ouvrage celui qui s’ra sonneur dans le Sacré-Coeur ! ».

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